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La mort — Feliz Día de los Muertos

il y a 3 jours
10 min de lecture

La mort. Un mot qui, à lui seul, peut faire naître tant d'émotions. Pour beaucoup, elle représente un mystère, une peur, une frontière infranchissable vers un monde inconnu. Elle est cette grande inconnue que nous savons tous devoir rencontrer un jour, mais dont nous parlons si peu.

Et pourtant, mon âme adore voguer dans ces lieux reculés, explorer les mystères de l'existence et soulever les voiles qui recouvrent les grandes questions de notre condition humaine. Au fil de mes lectures, de mes découvertes et des témoignages que j'ai pu écouter, j'ai ainsi rencontré de nombreuses connaissances et visions autour de la mort, qui ont profondément transformé mon regard sur elle.

Aujourd'hui, j'aimerais vous emmener avec moi dans cette exploration. Non pas pour prétendre détenir des réponses définitives, mais pour ouvrir quelques portes, partager ce qui m'a interpellée et peut-être vous inviter, vous aussi, à regarder la mort autrement.


La mort… ou l'âme hors ?

Je trouve fascinant ce mot français : la mort.

J'aime m'amuser à le décomposer poétiquement en « l'âme hors ». Comme si mourir, ce n'était pas nécessairement disparaître, mais simplement sortir de notre enveloppe physique, quitter notre demeure terrestre pour poursuivre notre chemin ailleurs.

Bien sûr, il s'agit ici d'un jeu de mots et non de l'étymologie réelle du terme. Mais je trouve cette association particulièrement belle, car elle résume assez bien une conviction qui m'accompagne depuis longtemps : et si la mort n'était pas une fin, mais simplement un passage ?

Une transition entre deux états d'existence, entre deux mondes, entre deux formes de vie ?

Cette question m'a amenée à m'intéresser tout particulièrement aux personnes qui ont vécu une expérience aux frontières de la mort.


Les expériences de mort imminente : des témoignages qui interrogent


Vous avez certainement déjà entendu parler des EMI, les expériences de mort imminente (appelées NDE en anglais, pour Near-Death Experiences).

Il s'agit de témoignages de personnes ayant frôlé la mort ou traversé un état critique, parfois après un arrêt cardiaque, et qui racontent avoir vécu une expérience particulière durant cette période.

Certains évoquent une sensation de sortie hors du corps, d'autres parlent d'une lumière intense, d'un sentiment d'amour immense, de rencontres avec des proches décédés ou encore d'une impression de revoir certains événements de leur existence.

Ce qui me fascine particulièrement, c'est la récurrence de certains éléments dans des témoignages provenant de personnes très différentes, de cultures et d'horizons variés.

Parmi tous ceux que j'ai pu écouter, l'un des plus marquants est celui d'une petite dame absolument incroyable, dont la douceur et la beauté m'ont profondément touchée. Elle raconte son expérience avec une clarté et une simplicité bouleversantes, à une époque où ces sujets étaient encore largement tabous et où il était bien plus difficile de prendre la parole sur de telles expériences.

Si vous êtes curieux de découvrir son histoire, je vous invite vraiment à prendre le temps de l'écouter :



Vous trouverez également sur cette chaîne de nombreux autres témoignages autour des expériences de mort imminente, mais aussi d'autres sujets passionnants liés à la spiritualité et aux mystères de l'existence.

Et ce qui me frappe, c'est que le témoignage de cette dame ne semble pas être un cas isolé. Il rejoint de nombreux autres récits qui présentent des similitudes troublantes.

Je me suis également plongée dans ces sujets à travers la lecture du livre Enquête sur l'existence des anges gardiens, de Pierre Jovanovic.

Dans cet ouvrage, l'auteur, journaliste et écrivain, mène une enquête autour des manifestations et interventions supposées d'anges gardiens dans nos vies. Son travail prend notamment naissance dans une expérience personnelle : alors qu'il se trouve dans une voiture à San Francisco, un mouvement instinctif lui permet d'éviter une balle qui traverse le pare-brise.

À partir de cet événement, il commence à recueillir des récits de personnes ayant vécu des expériences de protection inexpliquées : des voix intérieures qui préviennent d'un danger, des intuitions soudaines, des gestes spontanés qui sauvent une vie ou encore des rencontres avec des présences protectrices.

Il établit également des rapprochements entre les récits d'expériences de mort imminente, les apparitions d'anges rapportées par certaines personnes et les expériences mystiques de grandes figures religieuses.

Ce livre m'a particulièrement intéressée par la diversité des témoignages qu'il rassemble et les questions qu'il soulève : sommes-nous réellement seuls dans notre existence ? Existe-t-il des formes de protection ou d'accompagnement qui échappent à notre perception ordinaire ?

Bien entendu, ces récits ne constituent pas des preuves scientifiques de l'existence des anges ou d'une vie après la mort. Mais ils ouvrent des pistes de réflexion que je trouve passionnantes.


Nosso Lar : et si le monde invisible était lui aussi organisé ?


Puis un jour, je découvre le film Nosso Lar (Notre Demeure), disponible sur Gaia, réalisé par Wagner de Assis et inspiré du livre du même nom, attribué à l'esprit André Luiz et psychographié par le médium brésilien Chico Xavier.

Pour ceux qui ne connaissent pas Chico Xavier, il s'agit d'une figure majeure du spiritisme brésilien. Médium très connu dans son pays, il a transmis, par l'écriture médiumnique, de nombreux ouvrages attribués à des esprits.

Publié en 1944, Nosso Lar raconte l'histoire d'André Luiz, un médecin qui, après sa mort physique, découvre un monde spirituel dont il ignorait tout. Après une première période difficile dans un environnement sombre, il est secouru et conduit vers une cité spirituelle appelée Nosso Lar.

Et c'est là que quelque chose s'est ouvert dans ma conscience.

J'avais toujours eu cette conviction profonde qu'il devait forcément exister un après. Sinon, à quoi bon tout ce spectacle ? À quoi bon cette immense expérience de la vie, cette évolution, ces rencontres, ces apprentissages, si tout devait simplement s'arrêter au dernier souffle ?

Mais ce film m'a amenée à envisager quelque chose de plus vaste encore.

Pourquoi notre monde physique serait-il organisé, structuré, avec ses lois, ses différents environnements, ses écosystèmes et ses formes de vie, alors que le monde subtil et céleste ne le serait pas ?

Pourquoi imaginer que tout s'arrête dans un espace informe, sans repères, sans organisation, sans continuité ?

À travers cette œuvre, une autre vision de l'après-vie m'était proposée. Non seulement il pouvait y avoir une continuité de l'existence, mais cet ailleurs pouvait également être structuré, organisé et adapté à différentes situations, à différents parcours et à différentes âmes.

Dans le récit de Chico Xavier, nous découvrons notamment des lieux de repos, de soins, d'apprentissage, de travail et d'évolution. Les âmes ne semblent pas toutes vivre la même expérience. Chacune poursuit un chemin qui lui est propre, avec ses besoins, ses compréhensions et ses étapes d'évolution.

Et cette idée m'a profondément interpellée : peut-être que chaque existence, chaque expérience, chaque passage possède un sens dans un processus beaucoup plus vaste que celui que nous sommes capables de percevoir depuis notre condition terrestre.

Je ne dis pas que cette représentation est nécessairement la réalité de l'au-delà. Il s'agit de la vision spirituelle proposée par cette œuvre, et chacun est libre de s'y reconnaître ou non.

Mais elle m'a offert une autre manière de penser la mort. Et surtout, elle a déplacé ma peur.


Alors, pourquoi avons-nous si peur de la mort ?


Aujourd'hui, je réalise que ma peur de la mort n'est plus vraiment celle que j'avais auparavant.

Bien sûr, le fait de mourir m'effraie encore. La possibilité de souffrir, de traverser la douleur physique, de quitter brutalement ceux que j'aime ou de ne pas être prête à partir… Tout cela reste profondément humain.

Mais l'après ? C'est finalement ce qui m'inquiète le moins.

Et je me demande parfois : à quoi sert donc tout ce mystère qui entoure la mort ? Pourquoi avons-nous construit autant de peurs autour de quelque chose qui fait pourtant partie intégrante de la vie ?

La manière dont notre société occidentale aborde aujourd'hui la mort me paraît parfois profondément incohérente, voire inhumaine.

Elle est devenue sombre, triste et pâle. Nous ne la voyons plus, nous ne la côtoyons plus, nous n'en parlons presque plus. Elle est cachée, éloignée, médicalisée, confiée à des institutions et à des professionnels. Elle fait peur, elle dérange, parfois même elle fait honte.

Regardons simplement la place que nous accordons à nos personnes âgées. Bien souvent, elles terminent leur vie dans des établissements spécialisés, à l'écart du quotidien familial et du reste de la société. Nous les visitons, nous prenons soin d'elles, mais nous avons progressivement perdu cette proximité avec le grand âge et avec le processus naturel qui conduit à la mort.

Or, comment pouvons-nous appréhender notre propre mort si nous n'avons presque jamais eu l'occasion de la côtoyer ?

Une réflexion de Guilherme Caysac, dans l'un de ses enseignements, m'a particulièrement ouvert les yeux sur cette question.

Comment pouvons-nous affronter notre propre mort lorsque nous n'avons jamais eu la chance de la voir auparavant ?

Autrefois, dans de nombreuses familles, les anciens vivaient au sein même du foyer familial. Ils étaient accompagnés par leurs enfants et leurs petits-enfants jusqu'à la fin de leur existence. Les générations se côtoyaient, et les plus jeunes pouvaient observer le vieillissement du corps, son affaiblissement progressif, puis le passage de la vie à la mort.

La mort faisait partie de la vie familiale. Elle n'était pas nécessairement facile, ni dépourvue de chagrin, mais elle était visible. Elle était vécue collectivement.

Aujourd'hui, nous avons parfois perdu cette familiarité avec la fin de vie. Nous avons séparé les générations, éloigné les mourants et rendu la mort presque invisible.

Et comment ne pas développer de la peur face à quelque chose que nous ne voyons jamais, que nous ne comprenons plus et dont nous n'osons même plus parler ?


Feliz Día de los Muertos : quand la mort retrouve ses couleurs


Heureusement, il existe d'autres manières de vivre et de célébrer la mort.

Et c'est notamment à travers la culture mexicaine, qui fait partie de celle de mon mari, que j'ai découvert une approche qui m'a profondément touchée.

Regardez comment les Mexicains célèbrent le Día de los Muertos !

Des couleurs éclatantes, des fleurs, des bougies, des autels richement décorés, de la musique, des repas, des photographies et des souvenirs… La mort y trouve une place bien différente de celle que nous lui accordons habituellement en Occident.

Il ne s'agit pas de nier la douleur de la perte ou de prétendre que la séparation n'est pas difficile. La tristesse est bien présente. Mais elle cohabite avec quelque chose d'autre : la joie de se souvenir, l'amour qui demeure et la célébration de la vie de ceux qui nous ont précédés.

Dans cette tradition, les défunts ne sont pas simplement des personnes qui ont disparu. Ils continuent d'occuper une place dans la mémoire et dans la vie des familles.

Les autels, appelés ofrendas, sont préparés en leur honneur. On y dépose leurs photographies, leurs aliments préférés, des boissons, des objets personnels, des bougies et des fleurs de cempasúchil, ces magnifiques fleurs orange que l'on associe à cette fête.

Selon les croyances qui accompagnent cette tradition, les âmes des défunts reviennent symboliquement rendre visite à leurs proches pendant ces journées. Les familles préparent alors leur accueil avec amour et générosité.


D'où vient cette tradition ?


Le Día de los Muertos trouve ses racines dans une histoire culturelle complexe, nourrie à la fois de traditions autochtones mésoaméricaines et de pratiques catholiques introduites lors de la colonisation espagnole.

Les peuples autochtones du Mexique entretenaient déjà des liens rituels et symboliques importants avec leurs ancêtres et leurs défunts bien avant l'arrivée des Espagnols. Avec la colonisation, ces traditions ont évolué au contact du calendrier chrétien, notamment des célébrations de la Toussaint, le 1er novembre, et du jour des fidèles défunts, le 2 novembre.

Au fil des siècles, ces influences se sont entremêlées pour donner naissance aux célébrations que nous connaissons aujourd'hui, même si les pratiques varient beaucoup selon les régions et les communautés.

Le Día de los Muertos n'est donc pas simplement une fête folklorique ou une manière originale de décorer les cimetières. C'est une tradition profondément ancrée dans la culture mexicaine, qui exprime une relation particulière avec la mémoire, les ancêtres et la continuité des liens familiaux.

En 2008, les fêtes autochtones dédiées aux morts au Mexique ont d'ailleurs été inscrites par l'UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Ce que je trouve magnifique dans cette tradition, c'est cette capacité à faire coexister deux réalités : la douleur de la séparation et la joie d'avoir partagé une existence avec ceux que nous avons aimés.

Oui, il y a la peine de la perte. Oui, il y a le manque, les souvenirs et parfois les larmes. Mais il y a aussi la reconnaissance, l'amour et cette idée que le voyage de ceux qui nous ont accompagnés pendant un temps ne s'arrête peut-être pas là où le nôtre peut encore les voir.

Et c'est cette dernière idée que j'aimerais voir prendre davantage de place dans notre rapport à la mort.


La mort, grande célébration de l'automne


En ce 1er novembre, alors que de nombreux peuples et traditions prennent un temps pour honorer leurs morts, je trouve particulièrement beau de replacer cette réflexion dans le mouvement de la saison.

L'automne est une période profondément symbolique. La nature se dépouille, les feuilles tombent, les arbres se préparent au repos et la lumière décline progressivement.

Tout semble nous inviter au lâcher-prise.

C'est une saison de transformation, de fin et de recommencement. La vie se retire en apparence, mais elle ne disparaît pas. Elle se transforme, elle retourne à la terre, elle prépare déjà ce qui renaîtra au printemps.

La mort s'inscrit elle aussi dans ce grand mouvement.

Et si nous pouvions la regarder de cette manière ? Non plus uniquement comme une rupture, une disparition ou une injustice, mais aussi comme une étape de transformation, un passage dont nous ne connaissons pas encore tous les mystères ?

Je ne prétends pas ne plus avoir peur. Je ne prétends pas connaître les réponses à toutes ces questions. Mais je ressens aujourd'hui une immense curiosité pour cet inconnu, et surtout une envie de lui laisser davantage de place dans ma conscience.


Ouvrir les portes de la mort


Alors, prenons un instant pour ouvrir les portes de la mort et regarder au-delà de ce que l'on nous a appris.

Le monde est vaste. Nos connaissances sont encore limitées et les mystères de l'existence sont nombreux. Peut-être avons-nous encore tant de choses à découvrir sur la vie, sur la conscience et sur ce qui pourrait se poursuivre au-delà de notre existence physique.


Et si chaque chose avait une fonction, même celles qui nous paraissent les plus tristes, les plus difficiles ou les plus effrayantes ?

Je vous invite à ne pas laisser la peur refermer ces portes avant même d'avoir osé regarder ce qui se trouve derrière.

À mes yeux, la mort est une étape nécessaire de notre expérience terrestre, un passage qui intervient lorsque notre parcours physique arrive à son terme. Et j'aime envisager qu'à cet instant, l'âme puisse poursuivre son voyage, continuer son évolution et retrouver une dimension de l'existence qui nous échappe encore.

Alors, en ce jour où tant de traditions célèbrent leurs défunts, honorons ceux qui nous ont précédés. Souvenons-nous de leurs histoires, de leurs rires, de leurs gestes et de tout ce qu'ils ont laissé en nous.

Et peut-être pouvons-nous aussi apprendre à célébrer la mort un peu plus, non pas parce que nous aimons perdre ceux que nous aimons, mais parce que nous pouvons choisir de ne pas réduire toute leur existence à leur dernier souffle.


Feliz Día de los Muertos


Que nos regards s'ouvrent, que nos cœurs se souviennent et que nos âmes continuent de voyager, au-delà des frontières que notre monde physique semble leur imposer.


Avec Amour,

Mégane

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